"Vaulx 2020" : le refus de la haine et des discriminations.

Jeudi 13 février 2020.

Dimanche 9 Février à 11h00, APVV s’est associée à la cérémonie commémorative de la rafle de la rue Sainte Catherine à Lyon. Agir Pour Vaulx-en-Velin a souhaité y être présente même si cet événement tragique ne s’est pas déroulé sur la ville de Vaulx-en-Velin. Les raisons sont multiples mais elles doivent être expliquées. Avant cela, rappelons les faits! En 1943, la France est depuis le 11 Novembre 1942 totalement occupée par les allemands et un certain Klaus Barbie arrive avec les troupes nazies dans Lyon. Klaus Barbie, commandant de la SIPO-SD et chef de la Gestapo, va sur la région Rhône-Alpes semer la terreur et être le bourreau de nombreux résistants dont Jean Moulin entre-autre. Mais aussi, il va donner l’ordre d’exécuter de nombreux otages et de déporter des milliers de Juifs à Drancy pour ensuite les envoyer à la mort dans les camps d’extermination. Parmi ces malheureuses victimes, Klaus Barbie va rafler 44 innocents enfants de la Colonie d’Izieu avec leurs 7 éducateurs. De même, Klaus Barbie le 9 Février 1943, va rafler 86 juifs au 12 rue Sainte Catherine dans le 1er arrondissement de Lyon. Au 12 de cette rue était établie l’Union Générale des Israélites de France. Ce local était le regroupement de deux organisations d’entraide juive (Comité d’Aide aux Réfugiés et la Fédération des Sociétés Juives de France). Cette organisation avait pour but de trouver des logements aux réfugiés, de produire des faux-papiers, d’établir des filières de passeurs vers la Suisse et de placer des juifs dans des familles non-juives Rhône Alpinnes (Justes).

Le 9 Février 1943, le boucher de Lyon, va arrêter avec ses sbires, 86 personnes (durant une filature toute la journée) comprenant 62 hommes et 24 femmes. 2 s’échapperont de ce piège et quatre survivront de l’enfer concentrationnaire (Gilberte Jacob et Malvine Lanzet seront des témoins au Procès Barbie).

La raison de cette rafle ? Parce qu’ils étaient juifs, parce qu’ils essayaient de survivre, parce qu’ils ne correspondaient pas à l’idéal aryen !

Nous avons souhaité être présent à cette cérémonie car ces victimes ne sont pas uniquement des personnes juives, mais des êtres humains venant de différentes contrées (alsaciens, allemands, roumains, polonais, ukrainiens etc…). Ces individus n’étaient pas violents, c’était des pères, des mères de famille, des enfants de l’Europe. C’est pourquoi, il est de notre devoir, du devoir de Mémoire, d’être présents pour ne pas oublier que plus de 70 000 juifs et 130 000 résistants ont été arrêtés et déportés vers les camps de la mort parce qu’ils étaient différents (religions, orientation sexuelle, opinions politiques), parce qu’ils souhaitent la Liberté contre l’oppression.

Donc notre présence était nécessaire et nous ne devons pas répondre à la simplicité du « cela fait plus de 77 ans que cela s’est passé, il faut oublier !». Non, nous ne devons pas oublier que des personnes ont été torturées, fusillées, déportées, exterminées car elles étaient différentes. Non nous ne devons pas oublier ! Il est de notre devoir de citoyen d’être vigilant.

Vigilance, oui ! Vigilance car les faits nous l’imposent ! En octobre encore, la plaque de la rue Sainte Catherine a encore été vandalisée par des négationnistes (déjà en 2016, le mot « faux » était inscrit sous « déportés » et une semaine après le nettoyage du mot « faux » il a été remplacé par « menteur »).

Depuis quelques années, les actes antisémites sont repartis de plus belles et nous ramènent aux années 1930. Selon un rapport du Ministère de l’Intérieur du 26 Janvier 2020, les faits antisémites ont été une nouvelle fois en hausse avec une augmentation de + 27 % (pas moins de 687 faits ont été comptabilisés par les services de police) sur 2019 après une augmentation en 2018 de 74 %.

En quinze ans, la France est meurtrie par cette pègre qui monte.

En 2006, nous fûmes tous particulièrement choqués par l'affaire du gang des barbares où Ilan Halimi, est enlevé, puis torturé pendant trois semaines avant de succomber à ses blessures dans la banlieue parisienne. C'était la première fois, sur le territoire français, qu'un juif se faisait assassiner en raison de sa religion, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encore aujourd’hui, la plaque commémorative d'Ilan Halimi à Bagneux est profanée et les arbres plantés en son souvenir sont sciés.

En 2012, c’est une école juive à Toulouse qui est attaquée tuant 3 enfants, Myriam Monsenego (8 ans), Gabriel (3 ans) et Aryeh Sandler (6 ans) ainsi qu’un professeur.

En 2015, c’est un magasin alimentaire cachère qui est pris pour cible tuant quatre personnes

En 2017, Sarah Halimi, âgée de 65 ans, est assassinée. Elle est mère de trois enfants et médecin retraitée, torturée et défenestrée.

Le 23 mars 2018, près d'un an après le meurtre de Sarah Halimi, le meurtre de Mireille Knoll, une octogénaire juive assassinée dans son appartement ensuite incendié. Mireille Knoll était une survivante de la Shoah.

Lors de manifestations depuis fin 2018, nous sommes témoins de dérives antisémites avec des tags antisémites (croix gammées, « Juden » sur des devantures de magasins), sur des banderoles (« Macron pute à juifs»), injures antisémites devant une synagogue (« Rendez l'argent, sales juifs ! ») ou sur les réseaux sociaux et même des tirs de carabine à plomb devant une synagogue de Sarcelles.

L’an dernier, le 19 Février,  quatre-vingt-seize tombes sont profanées dans le cimetière juif de Quatzenheim, dans le Bas-Rhin. Le 3 décembre 2019,  c’est le cimetière juif de Westhoffen (Bas-Rhin) et 107 tombes qui sont taguées de croix gammées.

Donc oui, nous devons être vigilants contre ce retour de la haine des autres. Aujourd’hui, nous parlons de l’antisémitisme, mais soyons vigilants contre toutes les discriminations qui grandissent sur notre territoire (islamophobie, xénophobie, attaques contre la communauté LGBT, refus de l’étranger etc…).

Nous devons rester unis pour faire bloc contre ces identitaires, ces réactionnaires qui veulent semer la terreur en brutalisant les personnes qu'ils considèrent comme différentes.  Le danger est le silence. L’acte qui est fait anonymement et lâchement sur les réseaux sociaux, sur une tombe, sur un mur. La personne qui dans l’ombre sème sa haine ! Restons unis et n’oublions pas ceux qui ont perdu la vie !

Ils s’appelaient Berthe, Bronia, Israël, Simon, Emmanuel, Isidore, Julius, Wolf, Chuma, André, Sigmund, Noel, Gisèle, Emmanuel, Albert, Israel, Jacob ,Jacob , Salomon ,Pierre ,Erna ,Icek ,Georg ,Osias ,Walter ,Régine ,Kalman,Joseph,Michel,Aurélie, Heinrich Esther, Paul Franz Hirschler, Isaac, Horowicz, Ryfka, Samuel, Salomon, Ruchla, Pierren, Anna, Annie, Hans, Sidonie, Marcelle, Ephraim, Michael, Gerson, Norbert, Chaim, Jacques, Laja, Clara, Jean-Jacques, Kurt, Alexandre, Feiwel, Marcus, Herta, Abraham, Zeli, Irma, Henri, Menachem, Madeleine, Bernard, Simha, Joseph, Betty, Jules, Joseph, Benno, Feiwel, Sally, Victor, Juliette, Hermann, Maier, Elias.

Romain PETIT.